Randevoo پادکست فارسی راندوو

Randevoo - Épisode 06

October 26, 2018

پسرهایی مثل من که در دوران کودکی فکر می‌کنند زشت هستند، معمولا از اینکه بتوانند قاپ یک دختر زیبا را بدزدند، شگفت زده می‌شوند و خیلی سریع به آنان درخواست ازدواج می‌دهند...

 

 

قسمت هشتم

برای آنانی که شروع داستان را از دست داده‌اند

 

نام ترانه

Everybody hurts

خواننده ترانه

R.E.M

 

VIII
Pour ceux qui ont manqué le début


À trente ans, je suis toujours incapable de regarder une jolie fille dans les yeux sans rougir. Il est consternant d'être aussi émotif. Trop blasé pour tomber vraiment amoureux, et cependant trop sensible pour rester indifférent. Bref, trop faible pour rester marié. Mais quelle mouche m'a piqué? Évidemment, la tentation serait grande de vous envoyer aux deux tomes précédents, mais après tout, ce ne serait pas très fair-play, étant donné que ces chefs d'œuvre romantiques ont été pilonnés peu après leur succès d'estime.
Alors résumons les épisodes précédents: j'étais un viveur impénitent, pur produit de notre société de luxe inutile. Né le 21 septembre 1965, vingt ans après Auschwitz, le premier jour de l'automne. Je suis venu au monde le jour où les feuilles commencent à tomber des arbres, le jour où les jours raccourcissent.
D'où, peut-être, un tempérament désenchanté. Je gagnais ma vie en alignant des mots, dans des journaux ou des agences de publicité - ces dernières ayant l'avantage de payer plus cher un nombre inférieur de mots. Je me suis fait connaître en organisant des fêtes à Paris à un moment où il n'y avait plus de fêtes à Paris. Cela n'a rien à voir avec les mots, et pourtant c'est ainsi que je me suis fait un nom, probablement parce qu'à notre époque les aligneurs de mots sont jugés moins importants que les gens qui ont leur photo dans les pages nocturnes de quelques magazines. J'ai surpris ceux qui s'intéressaient à ma biographie lorsque je me suis marié par amour. Un jour, dans un regard bleu, j'avais cru entrevoir l'éternité. Moi qui passais ma vie à courir d'une soirée à l'autre et d'un métier à l'autre pour ne pas avoir le temps de déprimer, je me suis imaginé heureux.
Aline, ma femme, était irréelle, d'une beauté lumineuse, presque impossible. Beaucoup trop jolie pour être heureuse - mais cela, je ne l'ai su que trop tard. Je la regardais pendant des heures. Parfois elle s'en rendait compte et me le reprochait: “Arrête de m'observer, s'écriait-elle, tu me gênes.” Mais la regarder vivre était devenu mon spectacle préféré. Les garçons comme moi, qui se sont trouvés moches dans leur enfance, sont en général tellement étonnés d'arriver à séduire une jolie fille qu'ils les demandent en mariage un peu vite.
La suite n'est pas d'une folle originalité; disons, pour ne pas entrer dans les détails, que nous nous sommes installé dans un appartement trop petit pour un si grand amour. Du coup, nous sortions trop souvent de chez nous, et fûmes entraînés dans un tourbillon assez corrompu. Les gens disaient de nous:
— Ils sortent beaucoup, ces deux-là.
— Oui, les pauvres... Comme ils doivent aller mal!
Et les gens n'avaient pas complètement tort, même s'ils étaient bien contents d'avoir, pour une fois, une jolie fille dans leurs soirées glauques.
La vie est ainsi faite que, dès que vous êtes un tantinet heureux, elle se charge de vous rappeler à l'ordre.
Nous fûmes infidèles, à tour de rôle.
Nous nous sommes quittés comme nous nous étions mariés; sans savoir pourquoi.
Le mariage est une gigantesque machination, une escroquerie infernale, un mensonge organisé, dans lequel nous avons péri comme deux enfants. Pourquoi? Comment? C'est très simple. Un jeune homme demande sa main à la femme qu'il aime. Il crève de trouille, c'est mignon, il rougit, il transpire, il bégaye et elle, elle a les yeux qui brillent, elle rit nerveusement, lui fait répéter sa question. Dès qu'elle a dit oui, soudain une interminable liste d'obligations vont leur tomber dessus, dîners et déjeuners de famille, plans de table, essayages de la robe, engueulades, interdit de roter ou péter devant les beaux-parents, tenez-vous droit, souriez, souriez, c'est un cauchemar sans fin et ce n'est que le tout début: ensuite, vous allez voir, tout est organisé pour qu'ils se détestent.

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